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L’Internet des objets prélude à l’humanité augmentée

Ampoules intelligentes, thermostat connecté, serrures numériques, « smart watch », bracelet tracker d’activité, l’imagerie de l’Internet des objets s’immisce peu à peu dans notre quotidien. Ce que l’on nous dit moins, c’est que nous devenons tous, nous être humain, une composante de cet Internet des Objets.

Quantified Self – L’être humain comme source de données

Doucement mais sûrement, des objets connectés portables destinés à analyser nos données vitales – essentiellement des bracelets connectés pour un usage sportif comme ceux de Fitbit et Jawbone— envahissent notre quotidien.

http://youtu.be/bs9TK3-KA-A?list=UUBJ1FUqJJD5JAXa1Qlnt5dw

De l’humanité connectée à l’humanité augmentée

Les objets connectés commencent à peine leur ascencion dans notre quotidien. A tel point qu’un certain nombre de chercheurs et d’entreprises sont persuadés que ces « wearable computers », ces micro-ordinateurs portés sur nos corps, seront perçus comme des extensions généralisées de nous-même qui captent, enregistrent et transmettent des données vers notre corps et de notre corps vers les réseaux qui nous entourent. En cela, ces « wearable devices » ne peuvent être considérés comme des outils au sens stricte, tels le stylo ou le tournevis, qui augmentent nos capacités intellectuelles ou physiques naturelles. Il s’agit plutôt à mon sens d’outils qui sont destinés à déceler nos forces et faiblesses, nous aider à améliorer celles-ci, certains diront de les optimiser, et à corriger celles-là. Le paradigme industriel a reposé sur des machines mécaniques qui ont décuplé nos capacités physiologiques ; la capacité à se déplacer (transports modernes), à communiquer (télégramme, téléphone, télévision), à fabriquer (machines outils et robots). Le paradigme numérique repose sur des machines analytiques, sensitives et algorithmiques qui relient l’être humain à des systèmes informatiques destinés à faciliter la gestion de son environnement.

Toujours est-il que même si les ventes de montres, bracelets et autres vêtements connectés devraient représenter près de 20 millions d’unités en 2015, cela ne représente encore qu’une goutte d’eau par rapport au milliard de smartphones vendus en 2013. Il reste encore à en imaginer et inventer les usages qui les placeront au coeur de nos vies. Il ne fait pas de doute qu’ils devraient nous permettre de contrôler à distance nos véhicules (verrouillage et déverrouillage de portes, démarrage, services personnalisés…) ainsi que nos foyers (serrures électroniques, éclairage et thermostat…), mais aussi effectuer nos achats et prendre les moyens de transports. Mais ces objets ne se contentent pas de transmettre des données, ils les captent et les transmettent aussi pour les stocker sur le cloud de nos fournisseurs de services qui les analyseront pour identifier nos besoins et satisfaire nos attentes. Du moins l’espèrent-ils…

Un objet pour les commander tous

IFTT Jawbone UP
Selon Hosain Rahman, le CEO de Jawbone,“Votre voiture devrait savoir que vous êtes fatigué à cause d’une mauvaise nuit, elle devrait en être informée, connaître votre état d’éveil quand vous conduisez, ce genre de chose.” […] “ Je pense que ces objets portés sur votre corps —ces « wearables »— finiront au bout du compte par [contrôler] tout cet environnement physique intelligent et en sera le coeur névralgique.” Cette idée est au centre de la stratégie de Jawbone, faire de son bracelet une télécommande intelligente pour celui qui la porte. Un partenariat vient d’être noué en ce sens entre Jawbone et Nest Labs comme je l’évoquais dans un précédent billet sur l’économie de l’Internet des objets.
Le Jawbone UP24, connecté en permanence au smartphone en Bluetooth, peut automatiser des taches via le service Web IFTTT (“If This, Then That”) en partageant les données collectées avec des applications sur votre smartphone : allumer les lumières dès que vous vous réveillez (avec les ampoules connectées Hue de Philips), ou les éteindre quand vous vous endormez (avec Belkin), informer vos followers sur Twitter que vous venez d’atteindre votre objectif d’activité, que vous allez vous coucher ou que vous venez de vous lever… Des usages plus ou moins futiles se marient donc à d’autres plus utiles.

The Internet of You, c’est l’environnement qui réagit à votre comportement.

L’humanité augmentée n’en est qu’à ses prémices. De telles idées se répandent à peine. De nombreuses entreprises tentent d’ores et déjà de nous inciter à porter ces objets quotidiennement et nous convaincre de leur utilité sans insister sur le business model qu’ils engendrent : analyse et revente de données personnelles anonymisées, enfermement dans un écosystème, etc. Mais qui ne voudrait-pas améliorer son hygiène de vie, être en meilleure santé, mieux maîtriser son budget énergétique ? Tout le monde, même si cela ne bénéficie qu’à certains. Quelles conséquences cela aura-t-il sur notre système de santé ? La prévention plutôt que le traitement, des médecins plus coach que traitants, peut être aussi le remboursement des soins à la carte en fonction de notre hygiène de vie constatée. Et sur nos assurances ? Le tracking en temps réel de nos comportements pour des contrats personnalisés, la promesse de ne jamais payer plus de kilomètres que ceux que l’on a fait. Et sur nos économies d’énergie ? Pour les centrales électriques, la gestion en temps réel des consommations d’énergie pour éviter les pics. Pour les consommateurs la maîtrise du budget énergétique et l’identification des appareils énergivores.

Projet enhants de la Columbia UniversityTout cela à condition que l’autonomie de nos smartphones et de ces objets puisse dépasser quelques heures. La batterie doit bien entendu gagner en capacité mais le système sans fil Wifi ou Bluetooth permettant de transmettre les données doit aussi être optimisé.  Parmi les pistes intéressantes d’identification de sources d’énergies nouvelles, citons le projet de la Columbia University appelé « EnHANTs ». EnHANTS pour Energy-Harvesting Active Networked Tags. Des chercheurs y développent des petites étiquettes souples qui récoltent l’énergie lumineuse ou en captent lorsqu’elles sont agitées. De petite taille, souple et énergiquement autonomes, ces dispositifs peuvent être attachés à des objets qui ne sont traditionnellement pas reliés à un réseau : par exemple, des livres, meubles, murs, portes, jouets, clés, vêtements et produits divers et variés. Ils constituent ainsi une infrastructure pour de nouvelles applications de suivi. Dans une étude publiée récemment, ils expliquent avoir équipé 40 individus de capteurs sensitifs plats fixés sur différentes parties de leurs corps. Grâce à leur activité, marche, course ou pendant leurs moments de détente les capteurs ont pu générer suffisamment d’énergie pour transmettre des données en continu à plus d’un kilobit par seconde. Ce n’est pas encore très important, mais cela pourrait suffire pour des applications basiques comme l’authentification d’un individu par son ID ou relever la température. Peter Kinget, un des chercheurs du projet EnHANTs et professeur de génie électrique à Columbia, dit que cela suffirait à relier sans fil un capteur présent sur votre corps, un vêtement par exemple, à un smartphone.

Cet article est librement inspiré d’une publication de Rachel Metz dans la MIT Technology Review.

Author: Nicolas Bariteau Fondateur de The ThinkLab #Bordeaux #Paris Conseil/formation transformation digitale #stratégies Internet #webmarketing #businessmodel #communication www.thethinklab.fr